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Trois questions sur le dicamba, le (très) puissant herbicide qui pourrait remplacer le glyphosate

Proposé par les sociétés Monsanto, BASF et DuPont, ce désherbant est utilisé sur les mauvaises herbes résistantes au glyphosate. Mais l’herbicide est très volatil et détruit une part importante des cultures environnantes. 

Des pousses de soja touchées par l\'herbicide dicamba, le 25 juillet 2017 à Dell, dans l\'Arkansas (Etats-Unis).
Des pousses de soja touchées par l’herbicide dicamba, le 25 juillet 2017 à Dell, dans l’Arkansas (Etats-Unis). (KAREN PULFER FOCHT / REUTERS)
 

Une nouvelle formule de ce pesticide, commercialisé dès les années 1960, a été approuvée dans le courant du printemps, rapporte Courrier international. Mais certains agriculteurs et chercheurs remettent en cause cette approbation. Franceinfo répond à trois questions que vous vous posez peut-être sur cet herbicide polémique.

A quoi sert le dicamba ?

Le dicamba est un désherbant utilisé depuis les années 1960 par les agriculteurs. Jusqu’au printemps dernier, cet herbicide était seulement utilisé avant que les plantes ne sortent de terre.

Au fil des années, Monsanto a développé des semences de soja et de coton génétiquement modifiées tolérant ce pesticide. Avec ces nouvelles semences, de nouvelles formules du dicamba ont été autorisées. L’herbicide peut désormais être épandu dans les champs plus tard dans la saison.

Commercialisées par Monsanto, BASF et DuPont, ces nouvelles versions du dicamba ont été rapidement prisées par de nombreux producteurs. Ceux-ci apprécient leur efficacité pour combattre de mauvaises herbes devenues résistantes à d’autres herbicides, tels que le glyphosate. Le dicamba peut par exemple servir à éliminer l’amarante de Palmer, une plante nuisible qui résiste au glyphosate, explique Courrier international.

Pourquoi pose-t-il problème ?

Certains agriculteurs reprochent à la nouvelle formule du dicamba de se disperser au-delà des champs sur lesquels il est pulvérisé. Selon l’Agence américaine de l’environnement (EPA), environ 4% des surfaces cultivées en soja aux Etats-Unis ont été affectées par l’herbicide. Au 15 octobre, un total de 2 708 réclamations liées au dicamba avaient été déposées auprès des agences chargées de l’agriculture. Les agriculteurs font état de feuilles très abîmées, qui se bombent et se plissent.

Près de 1,5 million d’hectares de soja ont été touchés, ainsi que des champs de tomates, de pastèques, de melons, de citrouilles et de légumes. Mais ce n’est pas tout : des cultures de tabac, des vignes, voire des jardins de particuliers ont été contaminés, détaille l’EPA. Les moissons de soja étant encore en cours, l’impact sur les rendements n’est pas encore connu.

Le soja non modifié génétiquement ne résiste pas au contact du dicamba. Selon une étude datant de 2004, citée par Courrier international, le dicamba est 75 à 400 fois plus dangereux pour les plantes qu’il touche accidentellement que le glyphosate, même à très petites doses.

Comment réagissent les autorités ?

L’Arkansas, Etat du sud des Etats-Unis, a interdit les épandages du produit jusqu’à la fin de la saison. Les Etats voisins du Missouri et du Tennessee ont renforcé leurs législations à ce sujet. En parallèle, une dizaine d’Etats américains ont interpellé l’Agence américaine de l’environnement sur le problème.

Et en Europe ? Le dicamba y est autorisé depuis 2008, rapporte France 24. Pas moins de 27 pays l’utilisent, dont la France. Selon l’ONG Générations futures, citant les données du ministère de l’Agriculture, quelque 220 tonnes de dicamba ont été utilisées en France en 2015. Un chiffre en augmentation depuis 2011.

« Ici, nous n’avons que l’herbicide et pas encore le package dicamba-graine OGM », explique à France 24 François Veillerette, directeur de Générations futures. « On est à l’abri pour l’instant », tempère-t-il. Il existe cependant un risque, selon lui : que des souches génétiquement modifiées soient importées par erreur des Etats-Unis sur le sol français.

France Info avec AFPFrance Télévisions

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Glyphosate, un herbicide dans nos assiettes

L’ONG Générations futures révèle la présence de résidus de cette substance classée «cancérogène probable» dans des céréales pour petit déjeuner, des pâtes ou même des lentilles.

Du glyphosate dans nos aliments. Voilà ce que révèle le nouveau rapport de Générations futures. Désireuse de connaître l’impact sur la santé du pesticide (composant du Roundup) le plus vendu en France et dans le monde, l’association de défense de l’environnement a analysé 30 échantillons de produits alimentaires, 18 à base de céréales et 12 de légumineuses sèches, achetés en supermarché.

Constat : seize de ces échantillons contiennent du glyphosate, soit plus de la moitié. Sept céréales de petit-déjeuner sur huit, sept légumineuses sur douze et deux pâtes alimentaires sur sept. Parmi eux, des céréales Kellogs, Weetabix, Leader Price et Granola, des lentilles vertes (qui ont le taux le plus élevé) et des haricots rouges Vivien Paille, des pois chiches Saint Eloi, des pâtes Garofalo… «Je ne suis pas étonnée, affirme Marie-Monique Robin, réalisatrice du documentaire le Roundup face à ses juges, qui sera diffusé sur Arte le 17 octobre. Les pouvoirs publics ne font pas leur boulot.»

«Probablement cancérogène»

Même si le taux de contamination n’excède pas le seuil réglementaire de concentration de résidus de produits pesticides (de l’ordre de 10 mg maximum par kilo pour le blé), François Veillerette, directeur et porte-parole de Générations futures, a rappelé, jeudi, la dangerosité de cette molécule. En mars 2015, elle a été classée par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), créé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations unies, comme «probablement cancérogène» pour les humains (lire page 4).

Or, les réglementations de l’Union européenne interdisent l’utilisation de pesticides lorsqu’ils sont considérés comme cancérogènes «certains» ou «probables», comme le rappelle le rapport. Une étude précédente de l’association avait permis de mettre en lumière l’exposition du corps humain au glyphosate grâce à la collecte d’échantillons d’urine de trente personnes. Elle avait montré que 100 % d’entre eux contenaient la molécule en assez forte concentration. «Il y a des effets, même à des doses faibles», indique la réalisatrice Marie-Monique Robin.

Toutefois, en vue du vote sur le renouvellement pour dix ans de la licence du glyphosate qui expire fin 2017 (lire ci-contre), l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a jugé de son côté qu’il n’y avait aucune preuve que cette matière active herbicide soit la cause de cancers tout comme l’Agence européenne de produits chimiques (Echa). Deux agences qui s’appuient pour l’essentiel sur les études fournies par les firmes agrochimiques. Un rapport publié par l’association autrichienne Global 2000 avait aussi révélé la dissimulation de preuves de la cancérogénicité du glyphosate par les autorités européennes.

«Travailler différemment»

Fin août, la France, par la voix de son ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a fait savoir qu’elle s’opposerait en octobre à la réautorisation du glyphosate en Europe, suscitant une levée de boucliers des producteurs et des agriculteurs. L’Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) a notamment fait part jeudi dans un communiqué de sa «totale incompréhension […]. Cette décision est annoncée sans aucune concertation, sans fondement scientifique.» De son côté, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) ainsi que les Jeunes Agriculteurs estiment que «la suppression du glyphosate balayerait d’un revers de main les efforts entrepris de longue date par les agriculteurs français, leurs outils de recherche et de développement, et toute une filière de progrès, acteur clé de la transition écologique que la société appelle de ses vœux». Pour l’associatif François Veillerette, il est surtout urgent «d’apprendre à travailler différemment» et de soutenir les efforts à la recherche agronomique. «On est aujourd’hui dépendant de certains produits tels que le Roundup de Monsanto, dont l’utilisation s’est banalisée, alors que certains professionnels ont appris à faire sans.»

Si la France s’est positionnée, reste à savoir ce que feront les autres pays européens tels que l’Italie ou même l’Allemagne. Outre-Rhin, l’Institut de l’environnement de Munich avait alerté en 2016 après avoir trouvé du glyphosate dans 14 bières les plus vendues dans le pays, à des taux allant jusqu’à 300 fois la limite maximale admise dans l’eau potable. Toutefois, en Europe, les études sur le glyphosate restent rares car coûteuses.

Aurore Coulaud

Un désherbant mauvais pour la santé?

Une étude d’un universitaire de Caen, parue dans une revue scientifique américaine, affirme que le Roundup, premier désherbant vendu au monde, est dangereux pour la santé humaine même à dose infinitésimale, ce que dément la société américaine Monsanto qui le commercialise.

« Nous avons travaillé sur des cellules de nouveau nés avec des doses de produits 100.000 fois inférieures à celles avec lesquelles le jardinier lambda est en contact. Les Roundup (ndlr: gamme de désherbants) programment la mort des cellules en quelques heures », a déclaré à l’AFP Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire, auteur de l’étude mise en ligne fin décembre par la revue Chemical Research in toxicology.

« Les risques sont avant tout pour les femmes enceintes mais pas seulement », a ajouté ce chercheur du Comité de recherche de d’information indépendantes sur le génie génétique (Crii-gen) présidé par l’ancienne ministre Corinne Lepage (Modem).
De l’allergie au cancer, le risque est d’autant plus grand que le sujet est faible, a-t-il ajouté.

Des études épidiémologiques sont nécessaires pour préciser davantage le type de maladie risquée par les utilisateurs du Roundup, une gamme d’herbicides très puissants, a estimé le scientifique.

Interrogé par l’AFP, Monsanto France, basé à Bron (Rhône), a répondu via un communiqué que « Roundup n’a pas été conçu pour autre chose que désherber. Les travaux régulièrement effectués par G-E. Séralini sur Roundup (…) constituent un détournement systématique de l’usage normal du produit dans le but de le dénigrer et ce, alors qu’il a fait la preuve de sa sécurité sanitaire depuis 35 ans dans le monde ».
« En 2005 nous avions déjà prouvé cette toxicité, mais pas à des doses infinitésimales », a souligné M. Séralini.

Le scientifique est d’autant plus inquiet que Monsanto développe une gamme de cultures génétiquement modifiées pouvant être traitées aux différents Roundup. La Commission européenne a ainsi autorisé le 4 décembre l’importation et l’utilisation dans l’UE à des fins alimentaire du soja génétiquement modifié MON89788 de Monsanto, également appelé « Roundup ready 2 ».

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La (mini) révolution des nouveaux désherbants «bio»

AU JARDIN CE WEEK-END – AU JARDIN CE WEEK-END – Chaque week-end, Marc Mennessier, journaliste au Figaro, ingénieur agricole et amoureux des plantes vous livre ses conseils et astuces pour faire de votre jardin un Éden.

Les jardiniers sont a priori peu concernés par le débat qui fait rage autour du renouvellement de l’autorisation du glyphosate en Europe. Quelle que soit l’issue du vote, prévu ce lundi 27 novembre à Bruxelles, la matière active du Roundup sera en effet interdite d’emploi en France dans les jardins privés à compter du 1er janvier 2019, au même titre que les autres pesticides de synthèse, en vertu de la loi dite Labbé.

Une prolongation accorderait, tout au plus, un sursis d’un an aux personnes habituées à désherber leurs cours et leurs allées avec ce produit efficace, sûr et bon marché, en dépit des attaques injustifiées dont il est l’objet de la part du lobby écologiste et de ses puissants relais médiatiques. Rappelons au passage qu’une étude scientifique indépendante publiée ces derniers jours a démontré sans ambiguïté que le glyphosate n’augmente pas le risque de cancer chez les agriculteurs, qui y sont pourtant très exposés. On sait également qu’il n’est pas un perturbateur endocrinien (en dépit des déclarations erronées d’une ancienne ministre française de la Santé) et que son impact environnemental est très limité.

 

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